Le marathon, le 100km et le 24 heures par les chiffres. Ma pratique de la course à pied.
Le principal problème du marathon, c’est qu’il n’est généralement pas possible de parcourir un marathon complet à l’entrainement afin de pouvoir évaluer avec une relative précision son potentiel de performance le jour de l’épreuve elle-même. L’exception serait les marathoniens à moins de 2h30, qui pourraient en principe parcourir des distances proches, ou supérieures, à la distance du marathon lors de sorties très longues (2 à 3 heures) compte tenu de leur vitesse élevée de footing. Mais le coureur moyen doit donc trouver d’autres méthodes d’estimation de son temps au marathon.
Plusieurs méthodes d’extrapolation (non linéaires) de la performance au marathon sont disponibles, toutes fondées sur la connaissance de performances sur des distances plus courtes. Le point commun de ces méthodes est d’introduire un facteur explicite de mesure de l’endurance du coureur, définie comme la capacité à retarder la décroissance de la vitesse moyenne à mesure que la distance augmente.
Méthode de Riegel : elle repose sur la formule :
Connaissant une performance sur une distance d1, la formule estime la performance (le temps de course) sur une nouvelle distance d2. Le paramètre E mesure l’endurance : c’est en gros (mais pas exactement) la réduction de vitesse moyenne observée lorsque la distance double. Riegel conseille une valeur proche de 6%. Dans mon cas personnel, une valeur autour de 9%-10% me semble plus appropriée. L’entrainement en endurance fondamentale doit pouvoir réduire la valeur de E.
On peut aussi écrire l’équation de cette façon :
Exemple: pour un doublement de la distance (d2 = 2d1), et E = 10%, on obtient : v2 = 0.933v1, soit une perte de 6.7% de vitesse moyenne, ce qui se traduit par un temps de marathon de 3:12:55 pour un coureur effectuant 1:30 :00 au semi marathon. Le rapport entre le temps au marathon et le temps au semi est donc 2.14 dans ce cas. Le rapport marathon/10km est quant à lui de 4.87, le temps sur 10km étant 39:35. Bien entendu, ces calculs supposent une parfaite gestion de la course, en particulier pas de rencontre avec le fameux « mur » glycogénique vers le kilomètre 30.
Rappelons que la valeur communément admise (il me semble) pour le rapport marathon/semi est 2.10, et pour le rapport marathon/10km, cette valeur est de 4.66.
Le tableau ci-dessous donne, pour plusieurs temps au semi-marathon, et en fonction de la valeur du paramètre E et de la perte de vitesse correspondante (Decay), le temps estimé au marathon, le rapport entre temps au marathon et au semi, ainsi que le nombre de minutes en plus (par rapport au doublement du temps sur semi) que représente le temps au marathon.
Par exemple, pour E = 10% et un temps au semi de 1:30:00, la perte de vitesse pour chaque doublement de distance est de 6.7%, le temps estimé au marathon est 3:12, le rapport marathon/semi est 2.14, et le temps au marathon est obtenu en ajoutant 12 minutes et 55 secondes au double du temps sur semi.
Dans le tableau, les temps au marathon inférieurs à trois heures et les ajouts marathon inférieurs à 10 minutes sont signalés en vert sur fond noir.
Donc la procédure à suivre pour estimer son temps probable au marathon, et produire une stratégie de course adaptée serait la suivante :