Le marathon, le 100km et le 24 heures par les chiffres. Ma pratique de la course à pied.
Le 100 km, comme distance de course, m’intéresse beaucoup, mais il me semble largement prématuré (de tenter) d’en courir un. Pour l’instant, je me concentre sur le marathon.
En revanche, il m’est difficile de résister à la tentation de calculer une estimation de ma performance potentielle sur cette distance. Mon point de référence pour ce faire sera naturellement mon temps au marathon.
Je me propose de procéder en trois étapes :
Borne inférieure du rapport de temps sur 100 km et sur marathon.
Déjà, le rapport des temps est borné par le rapport des distances : dans l’hypothèse extrême du maintien d’une vitesse constante pour un record personnel sur marathon et sur 100 km, le rapport des temps serait égal au rapport des distances, qui vaut ici 100/42.2 = 2.37.
Ensuite, si je m’intéresse à l’élite des coureurs sur 100km, j’observe des ratios qui m’indiquent le niveau le plus bas qu’il est vraisemblablement possible d’atteindre (la plupart de ces chiffres sont visibles sur le site de Bruno Heubi).
Donc, si je me suppose très endurant sur 100 km, et que j’utilise un ratio optimiste de 2.75, mon estimation de performance sur 100 km devient 8h56, soit déjà 45 minutes de plus que l’estimation directe ci-dessous (8h11).
Pour la borne supérieure du ratio, adoptons la valeur de 3.1
Estimation directe de performance
Le modèle de Péronnet est celui utilisé dans Courir longtemps, le livre de Bruno Heubi. Son application produit un indice d’endurance IE (voir un précédent article dans lequel je détermine mon indice d’endurance à l’aune de plusieurs performances), négatif et exprimé en pourcents, dont les valeurs extrêmes sont -4% pour les coureurs les plus endurants, à -10% ou -12% pour les moins endurants.
Le calcul de l’indice d’endurance nécessite la connaissance de la VMA du coureur.
Avec une VMA de 16.0 km/h et un temps sur marathon de 3h14’38, j’obtiens un IE égal à -5.38%. Si je suppose que cet IE est constant, j’en déduis un temps sur 100 km égal à 8h11, soit un rapport de temps 100 km sur temps marathon égal à 2.52, tout à fait irréalisable à mon avis.
Maintenant, il est possible que j’aie sous-évalué ma VMA, ce qui fausserait les calculs et abaisserait artificiellement (la valeur absolue de) mon IE et me ferait apparaitre plus endurant que je ne suis. Supposons une VMA à 17.0 km/h. L’IE sur marathon résultant est -6.75%. Une valeur identique de l’IE produit un temps sur 100km égal à 8h23, à peine 12 minutes de plus que l’estimation initiale de 8h11. L’influence d’une VMA erronée n’est donc pas la bonne piste pour deux raisons. La première est qu’il est peu probable que ma VMA soit nettement supérieure à mon estimation (fiable) de 16.0 km/h : je me sens bien incapable de courir 6 minutes à 17.0 km/h, soit 3’32 au kilomètre. La deuxième raison est que le temps estimé sur 100 km est somme toute peu sensible à une variation importante (pour moi) d’1 km/h de la VMA.
En poussant les calculs jusqu’au bout, par acquit de conscience, on voit qu’il me faudrait une VMA de 19.0 km/h pour un ratio temps de 2.75, et une VMA de plus de 22.0 km/h pour obtenir un ratio temps de 3.1. Ces valeurs de VMA sont tout bonnement impossibles pour moi.
Croisement des données
Un temps de 8h56, estimé ci-dessus avec un ratio 100 km/marathon de 2.75, correspond à un IE de -6.69%. Il semble donc que l’approche de Péronnet ne fonctionne pas si bien sur 100 km, à moins qu’on admette que l’indice d’endurance varie avec la distance (ou le temps de course, plutôt). Ceci se vérifie au quotidien avec n’importe quel coureur : il sera plus endurant sur la ou les distances dont il est spécialiste. Pourtant, pour l’instant je choisis de ne pas explorer la piste théorique d’une variation monotone de l’IE (dans le sens d’une réduction de l’endurance) à mesure que le temps de course (ou la distance augmente).
En résumé, le temps estimé par la méthode de l’IE constant est trop optimiste et il faut revenir au ratio 100 km/marathon. Les valeurs extrêmes retenues sont 2.75 et 3.1, ce qui correspond à un temps sur 100 km variant entre 8h56 et 10h03, soit une amplitude de 1h07. Bien entendu, tout ceci suppose une course continue sans arrêt technique et sans épisode de fatigue extrême.
Pour une première tentative sur 100 km, il semblerait prudent de partir sur des bases de 10 heures, avec l’unique objectif de terminer.
Effet corollaire : toute amélioration de mon meilleur temps sur marathon entrainera, a priori, une amélioration correspondante de mon temps potentiel sur 100 km. En supposant que j’atteigne un jour les 3 heures sur marathon, on obtiendrait une performance aux 100km comprise entre 8h15 et 9h18.