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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 17:26

Récit de la course

 

  • Km 0 : arrivé tard dans le sas 3h15, je passe la ligne de départ 2 minutes 15 après le coup de pistolet du départ, comme l’an dernier. Mais je suis contrarié par la foule et les coureurs qui n’ont rien à faire devant.
  • Km 3 : une enseigne lumineuse indique une température de 17 degrés à  l’ombre. Pas bon.
  • Km 5 : 22:33, très léger retard de 13 secondes sur mon ordre de marche. Pas grave étant donnée la foule dont je dois m’accommoder autour de moi.
  • Km 8 : je prends mon premier gel et mon premier coca, comme prévu.
  • Km 10 : 45:14, soit 25 secondes de retard, encore tolérable. On arrive à Vincennes. Le soleil se fait chaud. Ca n’augure rien de bon pour la suite.
  • Km 15 : 1h08:21. Une minute entière de retard. j’ai le tournis après les virages du bois de Vincennes. J’ai des doutes sur ma capacité à tenir. Gel et coca.
  • Km 17 : je vérifie fréquemment sur ma montre mon allure moyenne depuis le départ : 4:31, mais je sens qu’elle peut ralentir n’importe quand. Mes sensations ne sont pas rassurantes.
  • Semi : passage en 1h36:18, soit 1:43 de retard. Etant donné mes sensations douteuses, ce retard n’est pas une catastrophe, mais tout ca commence à puer. Ce temps au semi est encore compatible avec 3h13 ou 3h15. Les meneurs 3h15 sont toujours devant moi, pourtant je cours à la bonne allure. Ils sont un peu trop rapides, et ca me perturbe.
  • Km 22 : un brusque ralentissement me saisit. A moitié surpris, j’y assiste sans tenter de m’y opposer.
  • Km 25 : après la prise du gel au km 24, je vois bien que je ne repartirai pas. Je décide de laisser tomber la perf, et même les 3h15. Pire : à l’entrée du tunnel, je me mets à marcher, sans raison, juste pour m’économiser et aussi parce que je vois un autre 3h15, sérieusement atteint, qui marche. J’atteins les 25 km en 1h55:47, donc « seulement » 3:47 de retard sur mon tableau de marche. Pas si grave, mais c’est à ce moment que je laisse tomber, du point de vue psychologique. Ouh, la honte.
  • Km 28 : je marche à nouveau, par paresse.
  • Km 30 : 2h28:03. Je prends tout mon temps au ravito : je bois et je mange. Je stationne un moment devant les poubelles, le temps de finir ma bouteille d’eau. A ce moment-là, j’avais encore le temps matériel de terminer en 3h30 : il me suffisait de courir à une allure de 5:00 sur les 12 derniers kilo, mais je m’étais déjà mis hors course dans ma tête.
  • Km 33 : j’ai soif, où est le ravito du 33ième ?
  • Km 34 : le voilà. Je bois du powerade, bien que je n’en aie jamais goûté. Je discute le bout de gras avec le 3h15 que j’avais vu marcher au km 25 : il a eu des crampes dès le km18. Il ne comprend pas. Il a couru en 3h07 l’an dernier. Il a décidé de rallier l’arrivée tranquillement, en alternant course et marche. Il me conforte dans ma décision de ne pas me presser.
  • Km 35 : la côte des Fortifications. Marche de nouveau. Quelle flemme !
  • Km 37 : je m’arrête longuement au stand du marathon de Vannes et bois trois grands verres de cidre. C’est fort ! Au point où j’en suis, ca n’aura pas grande influence sur ma fin de course.
  • Km 38 : j’avise GregRunner, un coureur qui porte un maillot de la Runnosphère. Il a l’air mal en point, en proie à des crampes. Je le dépasse puis retourne sur mes pas pour le soutenir. Nous causons 3 minutes en marchant, puis ses crampes le reprennent. Je lui souhaite une bonne fin de course si possible, puis je repars.
  • Km 40 : Je dépasse Marcel, meneur en 3h45. Il est seul à présent, son groupe de coureurs a morflé en raison de la météo. Lui-même a chuté trois fois, et accuse un peu le coup. C’est fort d’être meneur ! Dernier ravito, que j’ignore. Je commence à accélérer l’allure, étant maintenant conscient du ridicule de la situation. J’ai cessé de regarder le chrono depuis le km 30.
  • Km 41 : je me mets à doubler du monde. Les coureurs trouvent la fin de course assez dure.
  • Arrivée : je passe la ligne en 3h48 sans émotion, en agitant ma casquette vers la caméra, à une allure avoisinant les 4:30. Je ne suis pas déçu, un peu content quand même que cela se termine. Cette course constitue ma plus longue sortie de course à pied. Mais tout de même : j’ai fait le second semi en 2h12 !

 

Analyse des allures

Les allures par tranches de 5 kilomètres sont les suivantes :

Km

Temps

Moyenne

Tranche

5

0:22:33

4:31

4:31

10

0:45:14

4:31

4:32

15

1:08:21

4:33

4:37

21.1

1:36:18

4:34

4:35

25

1:55:47

4:38

5:00

30

2:28:03

4:56

6:27

35

3:02:35

5:13

6:54

42.2

3:48:25

5:25

6:22

 

On voit que j’ai un peu faibli à partir du km 10, puis que l’allure s’est effondrée entre le semi et le km 25. Après le km 25, c’est devenu de la randonnée.

 

Bilan de la course

  • Aspects positifs :
    • L’allure spécifique était parfaitement imprimée dans mon cerveau.
    • L’allure était facile dans le premier semi
    • J’ai terminé la course, plutôt que d’abandonner par déception
    • J’ai pu me donner la peine de recourir sur les 500 derniers mètres à une allure approchant 4:30
    • Passée la baisse de régime après le semi, j’ai terminé sans grandes douleurs
    • J’ai veillé à bien m’hydrater tout au long des 17 kilomètres restants.
    • La survenue, attendue, d’une contre-performance va me faire réfléchir sur ma prépa marathon et sur mon attitude vis-à-vis de la compétition. Mais il ne faut pas que cette expérience me décourage.
  • Aspects négatifs :
    • Je n’ai pas été capable de me faire mal : quand j’ai vu que les chances de faire un chrono étaient inexistantes, je n’ai même pas tenté de finir en 3h20, ni même 3h30. Mental trop faible.
    • Je reste sensible à la chaleur,  peut-être plus que le coureur moyen. Mais on ne peut pas influencer la météo le jour de la course, tout au mieux choisir des courses à des dates « fraiches ».
    • J’aurais dû courir avec mon cardio-fréquencemètre, ce qui m’aurait renseigné assez tôt sur ma méforme et m’aurait aidé à ajuster mon allure plus tôt
    • Je reste trop obsédé par la performance, qui se résume pour le moment à l’amélioration de mon record. Si je courais des marathons plus fréquemment, j’accorderais moins d’importance au temps final en sachant qu’on réussit à force de patience en multipliant les tentatives.
    • Naïf, j’ai été gêné par des détails prévisibles et que je connaissais pourtant: la foule, les obstacles au sol par manque de visibilité, les coureurs lents dans les sas rapides, les côtes et descentes dans le premier semi.

 

Les raisons de l’échec

 

J’identifie deux causes à cette mauvaise course: la chaleur et le surcroit de fatigue induit par la prépa marathon et dont je n’avais pas récupéré malgré le repos de la dernière semaine. Ceci dit, il serait inexact de mettre cette contre-performance uniquement sur le compte de températures élevées.

 

La fatigue m’aurait de toute façon rattrapé pendant la course, même si le temps avait été aussi frais qu’en 2010. La chaleur n’a fait que rendre le coup de fatigue prématuré. J’imagine que si la météo avait été plus adaptée, j’aurais eu une sérieuse baisse de régime vers le 32ème kilomètre plutôt que vers le 22 ou 23ième, à supposer que j’aie maintenu l’allure cible de 4:30 au kilo, et j’aurais de toute façon raté mon objectif de performance. Le surentrainement est une nouveauté pour moi, et il faut que j’en tire les meilleures leçons possibles. Avec l’avantage du recul, je me rends compte maintenant que la dernière séance à allure spé, 4x10 minutes à J-12, m’avait surpris par la fatigue qu’elle avait créée, dans tout le corps, en particulier le lendemain : j’aurais dû savoir interpréter ce signal d’alerte, mais il était trop tard déjà pour remédier à cet état. Ma femme avait aussi remarqué, cette même semaine, que j’étais fatigué, ce qui est très inhabituel.

 

Ce que je vais changer

 

  1. Revenir à une préparation marathon moins fatigante, en tout cas plus proche de celle que je suivais intuitivement pour mes deux marathons en 2010 : moins d’allure spé
  2. Recommencer à faire plus de foncier
  3. Augmenter le nombre et la fréquence des jours de repos
  4. Commencer à prêter attention à ma fréquence cardiaque
  5. M’étalonner à nouveau sur 10 km et sur semi
  6. Essayer à nouveau de perdre du poids : objectif 79 kg
  7. Développer ma pratique des étirements, et commencer sérieusement le gainage
  8. Augmenter mon volume de vélo

 

Projets

Mon beau-frère traileur m’a demandé au téléphone quel était mon prochain objectif. « La Grèce ! », ai-je répondu. Nous partons en famille pour 10 jours en Grèce, et je ne veux pas penser à une autre compétition pour le moment.

Pourtant, je me suis inscrit en décembre dernier, à tout hasard, à un semi qui se court à Richmond, dans la banlieue ouest de Londres, le dimanche 8 mai. Je ne sais pas encore si j’y participerai.

Je lorgne aussi obstinément du côté des 100 kilomètres de Steenwerck, le 1er juin, à deux pas de Lille. D’un point de vue logistique, cette épreuve serait idéale pour moi. En revanche, je n’ai pas encore approché le premier ministre pour obtenir les autorisations nécessaires. Il faut aussi que mon état de forme s’éclaircisse d’ici là. Je dois reconnaitre que ce premier 100 km relèverait plus de l’envie irraisonnée que de l’approche organisée.

Enfin, à l’automne, je courrai certainement le marathon Seine-Eure, avec peut-être le même objectif : 3h10.

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commentaires

R

Terminer un marathon avec un moral en berne reste une performance ! Tu as su garder le bon état d'esprit dans la difficulté. Félicitations. Je pense aussi que nous avons quand même tous souffert de
cette chaleur surprenante pour une journée d'avril. Elle n'explique certainement pas tout mais elle ne fut pas une alliée ! Bonne récupération,


Répondre
F


Merci Renaud. J'espere que tu recuperes bien.



W

L'analyse est poussée, j'espere que tu n'as pas le moral en vrac. Vrai pour l'obsession de la performance, mais je ne sais pas si elle doit figurer uniquement dans les cotés negatifs.. c'est ce qui
nous pousse à nous entrainer non?
Tu repars donc pour un marathon 3:10... J'ai hate de lire le CR d'un marathon réussi à tes yeux jespere.
Ne perds pas de vue que 3h48, pour beaucoup, ca reste un joli temps enviable... Quant à l'allure de depart, 45 minutes aux 10km, j'aimerais bien faire ca ! Rien qu'a une course de 10, sans en
savoir 32 derriere...


Répondre
F


Le moral va bien, merci de t'en inquieter. Lis le CR de mon marathon seine-eure 2010: celui-la etait reussi.


On est toujours le coureur rapide de quelqu'un d'autre, mais aussi le coureur lent de quelqu'un qu'on envie...je regrette ma vitesse de jeunesse.


Bonne recup.



L

Je l'avais vu cette fatigue également et elle n'est pas commode. Par contre, je te comprends d'avoir levé le pied lorsque tu as vu que l'objectif était hors d'atteinte. C'est sage d'éviter les
blessures et d'être claqué pendant des semaines alors que l'objectif n'est pas atteint. Recharge bien les batteries pour tes prochains objectifs. Félicitations de l'avoir complété dans ces
conditions.


Répondre
F


Merci pour ton soutien Luc. J'espere que mon exemple te permettra d'etre encore plus vigilant. Ton coach est la aussi pour surveiller ton etat de forme, c'est tres positif. Bon entrainement a
toi. Pas de course a pied pour moi jusqu'au 26 avril au moins.



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  • : Le marathon, le 100km et le 24 heures par les chiffres. Ma pratique de la course à pied.
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Bilan 2014 au 7 février

  Sorties Km Temps
CaP 53 472 51h22
lo 4 91

Rechercher

Kilométrage annuel

Année

CaP

Vélo

2006

1,470

0

2007

1,706

0

2008

631

0

2009

1,978

0

2010

3,298

0

2011

2,733

1,772

2012

2,691

2,166

2013

3,819

893

Archives

Courses et chronos

  Marathons Temps
  Seine-Eure 2006 3:42:46
  Paris 2010 3:17:49
  Seine-Eure 2010 3:14:38
  Paris 2011 3:48:25
  Luton 2011 3:28:32
  Brentwood 2012 4:09:19
  Luton 2012 3:38:52
 

Londres 2013 

3:34:44
  Harrow Track 2013 3:38:57
  Seine-Eure 2013  3:29:10
  100 km Temps
  Steenwerck 2011 10:42:44
  Theillay 2011 10:42:37
  Crawley 2012 11:45:33
  Redwick 2012 11:31:09
  Steenwerck 2013 11:42:04
  Tooting Bec 2013 10:15:20

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