J’ai rassemblé les résultats d’une trentaine de marathons en Europe.
Le tableau ci-dessous classe les marathons par proportion décroissante de coureurs finissant sous les trois heures.
Quelques observations :
-le temps médian d’arrivée et la proportion de coureurs finissant en moins de trois heures est fonction croissante du nombre d’arrivants, sauf pour les petits marathons à moins de 1000 coureurs
-le temps médian ne peut être inférieur à 3:30 ; en revanche il peut augmenter dans des proportions spectaculaires : il y a ainsi une différence de presque une heure entre les temps médians de Seine-Eure (3:34) et Londres (4:28).
-la proportion de coureurs sous les trois heures ne descend que rarement en dessous de 3%, et dépasse rarement les 8%-10%. Certains marathons (Seine-Eure, Albi, Yvelines) sont particulièrement rapides du fait de la qualité des coureurs mais aussi sont-ils réputés comme étant propices aux performances.
-les très gros marathons comptent une forte proportion de marcheurs (je définis comme marcheurs quelqu’un dont le temps est au-delà de 5 :00). C’est moins vrai pour Paris 2010 (10% au dessus de 5:00), mais très vrai pour Londres, où presque un tiers des arrivants mettent plus de 5:00.
Etalement du peloton et isolement des coureurs
Un des critères de choix exprimé par les coureurs concerne l’encombrement pendant la course ou, inversement, le fait de courir longtemps seul pendant la course en raison du faible nombre de participants.
J’ai essayé de quantifier l’isolement du coureur de marathon course par course : en supposant que les coureurs d’une tranche horaire ont une vitesse moyenne correspondant à un temps d’arrivée au milieu de la tranche horaire (par exemple une arrivée en 3 :45 pour la tranche 3 :30 – 4 :00), et connaissant le nombre d’arrivants dans cette tranche horaire, on en déduit une estimation de la distance moyenne (en metres) entre deux coureurs franchissant consécutivement la ligne d’arrivée.
Les distances entre coureurs en dessous de 3 :00 ne sont pas significatives, même si elles sont correctes, et n’intéresseront pas le coureur moyen.
Si on se concentre sur la distance inter-coureurs pour les arrivées entre 3 :30 et 4 :00, on peut avoir une bonne idée de l’isolement du coureur individuel.
Par exemple, au marathon Seine-Eure, le coureur moyen sera séparé d’environ 30 mètres du précédent et de son poursuivant immédiat. De l’espace donc, sans pour autant se sentir trop seul. A Albi ou Dunkerque, ou encore Reykjavik, attendez-vous à un long effort solitaire. En revanche, dans les très grands marathons comme Paris, Londres, Berlin, Francfort, Amsterdam, ou même la Route du Louvre (qui se comporte localement comme un grand marathon), il y a une telle foule qu’on se marche dessus (vécu au marathon de Paris cette année).
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